Nous sommes un groupe informel de personnes, qualifiées et expérimentées, nous avons tous dirigé des entreprises et/ou des associations à but social et nous pensons que notre pays, la France, va mal et qu'il pourrait en être autrement. Nous voulons rester anonymes et avons chargé l'un d'entre nous d'être notre porte-parole.
De la méthode de Singapour.
J'ai appris à compter et à calculer avec une méthode totalement identique à la méthode de Singapour (je pense, qu'en fait, la méthode de Singapour est issue de la méthode mise en œuvre par les anglais et les français dans les écoles de leurs colonies). J'ai acheté un livre appliquant la méthode de Singapour et j'ai retrouvé, avec une typographie plus moderne et plus colorée, mon livre de calcul de 1950 (curieux!). J'ajouterais que malgré cette méthode, présentée comme miraculeuse, les tables d'addition et de multiplication continueront à traumatiser les élèves car il est impossible de faire des œufs brouillés sans œuf. Si les politiques, les administrateurs et certains intellectuels avaient été plus clairvoyants nous aurions soixante ans d'avance sur Singapour. Ce n'est pas être stupide que de vouloir conserver ce qui fonctionne bien et réformer ce qui ne donne pas satisfaction, c'est être pragmatique, lucide, efficace...
La grande supériorité de la méthode de Singapour c'est d'être une méthode algorithmique alors que depuis 1970 nous utilisons une méthode d'apprentissage de la mathématique principalement axiomatique. Avec cette méthode algorithmique les chinois avaient, dès les premiers siècles de l'ère chrétienne, mis en œuvre la règle du pivot de Gauss (lire : « Les neuf chapitres sur l'art mathématique »). Telle est la vérité difficile à formuler et difficile à comprendre car faisant appel à des notions de philosophie mathématique, généralement, éloignées des préoccupations de tout un chacun. Les deux méthodes sont par ailleurs tout à fait complémentaires, je dirais même indispensablement complémentaires, mais il vaut mieux la première pour commencer et la seconde pour parachever. La France compte de nombreux mathématiciens médaillés Fields, preuve de l'efficacité de la méthode axiomatique et, la plupart des français ne savent pas calculer, résultat d'un déficit de méthode algorithmique (j'ai pu vérifier que de nombreux étudiants dans l'enseignement supérieur – ayant donc leur baccalauréat – butaient sur des problèmes de mélanges tirés des annales du CAP de pâtisserie).
Ne nous trompons pas l'introduction de la méthode de Singapour dans notre enseignement primaire ne fera pas automatiquement, comme jadis la réforme dite « Lichnerowicz » ou des « math modernes » excellente mais mal conduite ne le fit pas, de nos chères têtes blondes, brunes ou crépues des génies mathématiques. Avant toute réforme, il faudrait réfléchir sur les objectifs de notre enseignement et ne notre formation continuée, nul n'arrive à rien sans principe, objectif et méthode.